Considéré comme « un sauvage du cinéma belge », un « possédé de cinéma », Jean Harlez (Belgique, 1924) est un autodidacte qui évolue en marge des milieux professionnels. Fils de forgeron, mécanicien de formation, il arrive au cinéma dès 1947 comme assistant de Charles Dekeukeleire en il a travaillé pendant des années comme cameraman pour Marcel Broodthaers. Après un passage par le chômage et des petits boulots, Jean Harlez se fabrique une caméra 35mm et réalise un court-métrage sur une coopérative agricole, sans argent, ni soutien d’aucune sorte. Coup de pot, le ministère de l’Agriculture le lui achète. Il peut dès lors réaliser son rêve : « tourner un vrai grand film ». Le chantier des gosses est le fruit de cette aventure. Première du genre à Bruxelles, la démarche enthousiasme la presse. Il s’agit sans doute du premier long métrage belge inspiré par le néo-réalisme. Jean Harlez est un artiste polyvalent : courts métrages, films de ses voyages de découverte au Groenland, et les dernières années, il a surtout réalisé des collages (« assemblages ») grandeur nature.

Dans les rues étriquées des Marolles, grouillent des gosses. Leur coin de paradis et d’illusions est un terrain vague où un beau jour arrivent des hommes en chapeau mou et d’autres en salopettes qui déploient des papiers… Doucement, la stupeur des gosses se transforme en révolte. Un film sur Bruxelles aux années cinquante, fait avec des gens de la rue.

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